Randonnée en boucle à Labeaume : le circuit au départ du village en Ardèche

Le parking de la Gleizasse, juste avant d’entrer dans Labeaume en venant de Ruoms, c’est votre point de départ. Deux heures trente à trois heures de marche vous attendent sur ce circuit balisé en jaune qui grimpe direct dans les buis et redescend par les anciennes terrasses de culture. Pas besoin d’aller chercher midi à quatorze heures : ce parcours fait le tour de la question avec ses falaises calcaires, ses points de vue sur le village et ses passages dans la garrigue odorante.

Le départ depuis le village de Labeaume

Garez-vous au parking de la Gleizasse, c’est gratuit et suffisamment grand même en juillet-août. De là, vous traversez le petit pont de pierre qui enjambe la Beaume et vous êtes déjà dans l’ambiance avec les premières maisons du village qui grimpent contre la falaise. Le balisage jaune démarre officiellement place de la Vieille Église, là où les premières marches attaquent sec vers le plateau.

Comptez cinq bonnes minutes pour rejoindre cette place depuis le parking. Le village se réveille doucement en matinée, et c’est le moment idéal pour partir avant que le soleil ne cogne trop fort sur les pentes exposées sud.

La montée vers le plateau par les anciennes calades

Ça grimpe d’entrée, faut pas se mentir. Les anciennes calades pavées serpentent entre les murets de pierre sèche qui soutenaient jadis les terrasses cultivées. Ces murs centenaires tiennent encore debout grâce à l’assemblage millimétré des pierres calcaires, sans un gramme de ciment. Regardez bien la technique : chaque pierre cale les deux du dessous.

Au bout de vingt minutes d’effort, le chemin se fait plus doux et rejoint un premier replat sous les chênes verts. L’ombre devient bienvenue dès le mois de mai, et c’est aussi le moment de se retourner pour le premier point de vue sur Labeaume en contrebas. Le village se déploie le long de la Beaume avec ses toits de tuiles rondes serrés les uns contre les autres.

Le passage par la Chapelle Saint-Eugène

Le sentier contourne ensuite une petite combe avant de rejoindre les vestiges de la Chapelle Saint-Eugène. Il ne reste plus grand-chose, quelques pans de murs envahis par la végétation, mais l’endroit garde son charme avec vue plongeante sur la vallée. Un panneau explicatif raconte l’histoire de ce lieu de pèlerinage fréquenté jusqu’au début du XXe siècle.

C’est aussi là que vous croisez un embranchement : restez sur le balisage jaune qui part vers la droite en direction du plateau. L’autre chemin descend vers le hameau de Lacroix, ce n’est pas votre itinéraire. Une paire de chaussures de rando avec un bon maintien de cheville devient vraiment utile sur cette portion caillouteuse.

Sur le plateau calcaire de Labeaume

Le paysage change radicalement une fois sur le plateau. Les chênes verts laissent place aux genévriers, aux buis et au thym sauvage qui embaume dès qu’on pose le pied dessus. Le sol blanc et rocailleux renvoie la lumière, prévoyez une casquette et de l’eau en quantité : un litre et demi minimum par personne entre mai et septembre.

Le sentier file plein ouest sur environ un kilomètre en terrain quasi plat, une vraie respiration après la montée. Vous longez quelques champs bordés de murets où paissent parfois des chèvres. Les brebis aussi sont présentes sur ce plateau, attention si vous randonnez avec un chien : gardez-le en laisse, les patous ne rigolent pas avec la protection du troupeau.

Le point de vue sur les gorges de la Beaume

Après cette traversée du plateau, le balisage oblique vers le sud et vous amène au bord de la falaise. Le point de vue sur les gorges de la Beaume justifie à lui seul la randonnée. En contrebas, la rivière serpente entre les parois calcaires hautes de plusieurs dizaines de mètres. On distingue les plages de galets, quelques campings installés au bord de l’eau et, au loin, les villages de Ruoms et Lagorce perchés sur leurs collines.

Restez prudent, il n’y a pas de barrière et le vide arrive vite. Les enfants doivent être surveillés de près sur cette section. Plusieurs points de vue se succèdent sur environ cinq cents mètres de corniche, prenez le temps de vous poser pour profiter du spectacle.

La descente par le vallon des Moulins

Le retour s’amorce par une descente franche dans un vallon boisé baptisé vallon des Moulins, même si les moulins en question ont disparu depuis belle lurette. Le chemin devient plus technique avec des passages rocheux qui peuvent être glissants après la pluie. Une paire de bâtons de marche trouve ici toute son utilité pour soulager les genoux et garder l’équilibre.

La végétation se densifie au fur et à mesure qu’on perd de l’altitude. Les chênes pubescents remplacent la garrigue, signe qu’on retrouve un peu d’humidité. Le sentier croise les ruines de plusieurs capitelles, ces cabanes de bergers en pierre sèche typiques de la région. Certaines sont encore en assez bon état pour servir d’abri en cas d’orage subit.

Le retour par les terrasses de vignes

En bas du vallon, le chemin rejoint d’anciennes terrasses où la vigne pousse à nouveau depuis quelques années. Le domaine viticole de Labeaume a remis en culture ces parcelles abandonnées, et ça donne un sacré cachet au paysage. Les pieds de vigne s’accrochent aux restanques comme ils le faisaient il y a cent ans, quand tout le coteau était planté.

Le balisage longe ces vignes sur trois cents mètres avant de replonger vers le village par un ancien chemin caladé. Vous retrouvez les premières maisons de Labeaume par le quartier haut, celui des artisans et des ateliers de potiers qui font la réputation artisanale du coin.

Boucler le circuit au cœur du village

Les dernières minutes de marche vous font traverser Labeaume de part en part. Autant en profiter pour flâner dans les ruelles étroites, passer sous les voûtes de pierre et découvrir les placettes ombragées. La place de la Vieille Église vous ramène au point de départ du balisage, il ne reste plus qu’à redescendre vers le parking de la Gleizasse.

Si vous avez gardé un peu d’énergie, faites un crochet par les plages de la Beaume en contrebas du village. Un escalier descend depuis la place de la Gleizasse et rejoint la rivière en deux minutes. L’eau reste fraîche même en plein été, mais après trois heures de crapahut sous le cagnard, ça fait un bien fou de tremper les pieds.

Infos pratiques pour préparer la randonnée boucle à Labeaume

Le circuit fait environ 8 kilomètres pour 300 mètres de dénivelé positif. Le balisage jaune est correct mais attention à un ou deux passages où les cairns se font discrets, notamment sur le plateau avant le point de vue. Téléchargez le tracé GPX sur le site de la Fédération de randonnée d’Ardèche ou récupérez le topo papier à l’Office de Tourisme Beaume-Drobie à Rosières, ouvert toute l’année.

Niveau difficulté, on est sur du moyen : rien de bien méchant si vous avez l’habitude de marcher, mais la montée initiale et la descente technique du vallon demandent un minimum de condition physique. Évitez les tongs et les baskets usées, privilégiez de vraies chaussures de randonnée qui tiennent la cheville. Pour le reste du matos, classique : eau, casquette, crème solaire et un petit en-cas pour le point de vue.

Quand partir randonner à Labeaume

Le printemps et l’automne sont idéaux pour cette boucle. De mi-mars à fin mai, la garrigue explose de couleurs et d’odeurs avec les cistes, les genêts et le thym en fleur. Les températures restent agréables pour grimper sans se liquéfier. L’automne offre des lumières magnifiques et le plateau se pare de teintes dorées superbes pour les photos.

L’été, c’est jouable mais partez tôt : sur le parking à 7h30, en marche avant 8h. Comme ça vous êtes de retour vers 11h avant la fournaise de l’après-midi. L’hiver reste praticable sauf après de fortes pluies où certains passages deviennent franchement casse-gueule. Le mistral peut aussi souffler sérieusement sur le plateau, prévoyez une polaire même si le soleil brille.

Pourquoi cette randonnée vaut le détour

Ce qui fait l’intérêt de cette boucle, c’est qu’elle concentre tout ce qui fait l’identité des Cévennes méridionales en une seule rando. Le patrimoine bâti avec les calades et les terrasses, la géologie calcaire avec les falaises et le plateau, la garrigue méditerranéenne et ses parfums, les points de vue sur les gorges, et ce village de Labeaume classé parmi les plus beaux de France.

Vous croisez rarement du monde sur le plateau, contrairement aux sentiers des Gorges de l’Ardèche pris d’assaut l’été. Ici, on garde cette impression de vraie tranquillité, même en haute saison. Les locaux connaissent le coin et viennent y marcher toute l’année, c’est bon signe.

Prolonger l’expérience après la rando

Une fois la boucle terminée, posez-vous en terrasse à Labeaume pour une bière ou un jus de fruit bien mérité. Plusieurs restos et cafés bordent la place centrale, avec vue sur le pont roman et la rivière. Si vous restez dans le secteur, le village mérite qu’on prenne le temps de le visiter vraiment : les ateliers d’artisans, l’exposition permanente sur l’histoire locale, les plages aménagées le long de la Beaume.

Dans un rayon de dix kilomètres, vous avez de quoi occuper un week-end complet avec les villages de caractère de la vallée de la Beaume, les balades en canoë et d’autres randos tout aussi sympas vers Ruoms ou les Salelles. Labeaume fait partie de ces spots ardéchois où on vient pour une journée et où on reste finalement trois jours, parce que l’ambiance est trop bonne pour repartir trop vite.