Le mot revient souvent quand on parle de l’Ardèche méridionale, mais personne ne sait trop où les Cévennes commencent et où elles s’arrêtent. Ce n’est pas une région administrative, c’est une réalité géographique, géologique et culturelle. Voici ce qu’il faut savoir pour ne pas mélanger les gorges de l’Ardèche et les Cévennes, deux territoires voisins mais très différents.
Une chaîne de montagnes, pas un département
Les Cévennes forment un massif montagneux qui appartient au Massif Central. La chaîne s’étend principalement sur la Lozère et le Gard, avec des prolongements dans l’Ardèche au nord et dans l’Hérault au sud. Ce n’est pas une région administrative, aucun département ne s’appelle “Cévennes”. Le nom désigne un territoire naturel défini par sa géologie, son relief et sa végétation.
Le Parc national des Cévennes, créé en 1970, s’étend sur trois départements : Lozère, Gard et Ardèche. D’après la plaquette officielle du Parc (2018), il couvre 2 973 km², dont un cœur de 938 km², sur 120 communes, avec 67 800 habitants, dont environ 700 dans le cœur : c’est l’un des rares parcs nationaux français habité de façon permanente. Le mont Lozère culmine à 1 699 mètres, le mont Aigoual à 1 565 mètres.
En 1985, l’UNESCO a classé le Parc en Réserve de biosphère. En 2011, les paysages culturels agropastoraux des Causses et des Cévennes ont été inscrits au Patrimoine mondial. Le classement porte sur la relation historique entre les hommes, les troupeaux et ce territoire depuis le Néolithique.
Ce qui distingue les Cévennes des gorges de l’Ardèche
La différence est d’abord géologique. Les gorges de l’Ardèche se sont creusées dans du calcaire, c’est ce qui donne les falaises blanches, les arches, les avens. Les Cévennes reposent sur du schiste et du granite, des roches acides et résistantes qui créent des paysages complètement différents : vallées en V encaissées, versants boisés de châtaigniers et de chênes, absence de calcaire.
Conséquence directe : pas de falaises blanches en Cévennes, mais des roches sombres, des rivières à fonds de galets bruns, une végétation plus dense. Le Chassezac, qui prend sa source en Lozère et traverse les Cévennes ardéchoises avant de rejoindre l’Ardèche, illustre bien ce passage : l’eau change de couleur et de caractère selon qu’elle coule sur calcaire ou sur schiste.
Le climat aussi change. Les Cévennes connaissent, surtout en automne, des épisodes cévenols : des pluies brutales qui peuvent déverser plusieurs centaines de millimètres en quelques heures et provoquent des crues rapides. En été, la sécheresse est marquée.
Les Cévennes côté Ardèche : le secteur des Vans et du Chassezac
La partie ardéchoise des Cévennes s’étend à l’ouest du département. Le secteur des Vans, avec son marché du samedi matin, est la porte d’entrée naturelle. De là, on remonte le Chassezac vers l’ouest et la Lozère.
Vers l’ouest, la route rejoint Villefort, en Lozère. Les paysages changent à mesure que l’altitude monte : la garrigue du bas laisse place aux châtaigneraies, puis aux forêts.
Le GR70, le chemin de Stevenson, suit à peu près l’itinéraire de Robert Louis Stevenson, qui l’a parcouru en 1878 avec son ânesse Modestine. Le GR officiel va du Monastier-sur-Gazeille à Saint-Jean-du-Gard ; avec les prolongements depuis Le Puy-en-Velay et jusqu’à Alès, la Fédération française de randonnée compte 272 kilomètres et environ 15 000 marcheurs par an. Il ne touche l’Ardèche qu’à son extrême ouest, autour de l’abbaye Notre-Dame-des-Neiges (Saint-Laurent-les-Bains-Laval-d’Aurelle), où Stevenson a fait étape ; l’essentiel du tracé est en Haute-Loire, en Lozère et dans le Gard, loin du secteur des Vans.
Explorer les Cévennes ardéchoises en pratique
Depuis le secteur des gorges, Les Vans sont la porte d’entrée logique. Le marché des Vans a lieu le samedi de 8 h à 13 h, toute l’année, d’après l’office de tourisme Cévennes d’Ardèche.
La vallée du Chassezac se remonte en voiture vers Villefort. Ses gorges offrent des coins de baignade dans un cadre plus sauvage que les gorges de l’Ardèche : voir notre article sur la plage de Chaulet à Casteljau.
Pour dormir dans le secteur, voir les campings autour des Vans et les hôtels classés des Vans. L’office de tourisme Cévennes d’Ardèche, basé aux Vans, est le bon interlocuteur pour préparer un séjour dans ce secteur.