Le GR70, plus connu sous le nom de chemin de Stevenson, suit à peu près l’itinéraire de Robert Louis Stevenson, parti en 1878 avec son ânesse Modestine ; il en a tiré le récit Voyage avec un âne dans les Cévennes. La Fédération française de randonnée estime qu’environ 15 000 personnes le parcourent chaque année.
Le tracé : du Velay aux Cévennes
Le GR70 officiel va du Monastier-sur-Gazeille (Haute-Loire) à Saint-Jean-du-Gard (Gard) ; avec le départ habituel au Puy-en-Velay et le prolongement jusqu’à Alès, la Fédération française de randonnée compte 272 kilomètres. Il traverse la Haute-Loire, la Lozère, le Gard et touche l’Ardèche à son extrême ouest, autour de l’abbaye Notre-Dame-des-Neiges (commune de Saint-Laurent-les-Bains-Laval-d’Aurelle), où Stevenson a fait étape le 26 septembre 1878. La gare de La Bastide-Puylaurent, en Lozère, est toute proche.
Pour la totalité, compte une douzaine de jours de marche selon ton rythme. Un tronçon de quelques jours entre La Bastide-Puylaurent et Florac permet de découvrir le mont Lozère et les Cévennes ; la ligne ferroviaire des Cévennes (Clermont-Ferrand - Nîmes) dessert Langogne et La Bastide-Puylaurent, ce qui simplifie les départs et retours.
Étapes clés du tronçon Cévennes
Depuis La Bastide-Puylaurent, le sentier rejoint Le Bleymard puis franchit le mont Lozère (1 699 m au sommet de Finiels, point culminant des Cévennes). La traversée du plateau est rude par mauvais temps : peu d’abris, vent, brouillard. Prévois une journée tampon. La descente mène au Pont-de-Montvert.
Depuis Le Pont-de-Montvert, l’itinéraire rejoint Florac, étape importante pour le ravitaillement, puis traverse les vallées cévenoles jusqu’à Saint-Jean-du-Gard. Les dernières étapes sont chaudes en été, avec peu d’ombre : remplis tes gourdes dans chaque village.
Hébergements et logistique
Le sentier est bien équipé en gîtes d’étape et chambres d’hôtes, mais en juillet-août il faut réserver plusieurs semaines à l’avance. Hors saison, c’est plus souple.
Des services de portage de bagages d’étape en étape existent, et des loueurs proposent encore la randonnée avec un âne. Les tarifs changent selon les prestataires et la saison : demande-les directement.
L’équipement essentiel
Le GR70 ne nécessite pas de matériel technique, mais certains choix font la différence entre une traversée agréable et une galère.
Les chaussures de randonnée sont le poste le plus important : elles doivent être rodées avant le départ, et montantes pour les sentiers caillouteux.
Si tu dors en gîte, pas besoin de tente ni de réchaud : un sac de randonnée de taille moyenne suffit, avec l’eau, le pique-nique, une couche imperméable et la trousse de secours.
Des vêtements qui sèchent vite permettent de laver le soir. La veste imperméable est indispensable : les orages arrivent vite en fin de journée en été.
Les bâtons de marche soulagent les genoux, notamment dans la montée et la descente du mont Lozère.
Emporte aussi une grande gourde, de quoi soigner les ampoules, de la crème solaire et un chapeau : il n’y a presque pas d’ombre sur le plateau du Lozère.
Les points d’eau sur le parcours
L’eau est le sujet qui revient le plus souvent chez les randonneurs. Dans les villages-étapes, les gîtes remplissent les gourdes.
Entre les villages, les points d’eau sont plus rares, en particulier sur le plateau du mont Lozère entre Le Bleymard et Le Pont-de-Montvert : pars avec de bonnes réserves en été.
Les dernières étapes entre Florac et Saint-Jean-du-Gard sont exposées et chaudes : remplis tes gourdes dans chaque village traversé.
L’eau des ruisseaux n’est pas garantie potable, d’autant que des troupeaux pâturent sur le plateau : traite-la (pastilles ou filtre) si tu dois t’y ravitailler.
Transport et logistique
La ligne ferroviaire des Cévennes (Clermont-Ferrand - Nîmes) dessert Langogne et La Bastide-Puylaurent, les deux gares les plus proches du tracé dans sa partie nord.
Le Puy-en-Velay est desservi par le train. Saint-Jean-du-Gard n’a pas de gare : il faut un car jusqu’à Alès, d’où partent les trains, ou prolonger à pied jusqu’à Alès.
Pour récupérer ton véhicule au point de départ, des transporteurs proposent des navettes de retour : renseigne-toi sur ceux qui sont actifs la saison en cours.
Le covoiturage entre randonneurs, organisé dans les gîtes ou sur les forums, est une autre solution pour le retour.
Les variantes du GR70
Le GR70 se prolonge après Saint-Jean-du-Gard jusqu’à Alès, une ville bien desservie en transports. La plupart des marcheurs terminent encore à Saint-Jean-du-Gard.
Pour les marcheurs qui veulent prolonger l’aventure autour du Mont Lozère, le GR68 (Tour du Mont Lozère) croise le tracé de Stevenson et permet de composer des boucles dans un paysage plus sauvage, haute lande granitique, tourbières, hameaux isolés. C’est une option intéressante pour ceux qui font le GR70 pour la deuxième fois ou qui veulent étoffer la partie montagne. Récupère le détail de ces variantes sur le topo-guide FFRandonnée plutôt que sur des tracés glanés en ligne.
Le chemin peut être parcouru dans les deux sens. Du sud vers le nord (Saint-Jean-du-Gard vers Le Puy-en-Velay) est moins classique mais tout à fait faisable. L’avantage : on termine au Puy-en-Velay, ville bien équipée et bien desservie. L’inconvénient : on monte le Mont Lozère par le versant sud, plus exposé et plus chaud en été. La grande majorité des marcheurs suivent le sens historique nord-sud, celui de Stevenson.
Cartes et balisage
Le topo-guide de la Fédération française de randonnée est la référence : descriptif des étapes, profils, hébergements et variantes.
Le balisage blanc et rouge des GR est entretenu par les bénévoles de la Fédération. Sur le plateau du mont Lozère par temps de brouillard, les repères sont moins visibles : sois vigilant.
Télécharge le tracé hors ligne sur ton téléphone : le réseau mobile est mauvais sur le mont Lozère et dans les vallées profondes. Emporte une batterie externe.
Les cartes papier IGN au 1:25 000 restent le meilleur complément au topo-guide, surtout pour les chemins de repli en cas de mauvais temps.
Période idéale et niveau
Le printemps et le début de l’automne sont les périodes les plus agréables. En juillet-août, la chaleur pèse sur les versants exposés et les orages sont fréquents. En hiver, le mont Lozère peut être enneigé et demande matériel et expérience.
Le GR70 ne présente pas de passage technique, mais il demande une bonne condition physique pour enchaîner plusieurs jours de marche avec un sac.
Pour prolonger le séjour côté sud Ardèche, voir les infos pratiques pour visiter les gorges, les Cévennes ardéchoises côté Les Vans et le sentier des gorges de l’Ardèche.